Feu de forêt mortel au Manitoba : vers une révision des plans d’urgence
À la suite d’un incendie meurtrier à Lac du Bonnet, au Manitoba, le préfet a promis de revoir les protocoles d’intervention d’urgence. Cette décision fait suite au témoignage d’une résidente qui a dû fuir sans alerte d’évacuation, ce qui soulève des questions sur la réactivité des autorités locales face aux dangers imminents. Glennda Gould a pris la décision difficile de fuir sa maison, non pas en vertu d’un avis d’évacuation mais parce que la fumée devenait insupportable. Malgré sa vigilance et son inscription au système d’alertes d’urgence, aucun signal ne l’a prévenue du danger imminent. Je m’attendais, en fait, à ce que quelqu’un vienne frapper à ma porte pour me dire qu’il était temps de partir ou que le téléphone se mette à sonner grâce au service d’alertes d’urgence auquel nous sommes abonnés. Ce n’est jamais arrivé. Glennda Gould estime que son expérience soulève des inquiétudes quant à l'efficacité de la réponse d'urgence dans la municipalité rurale de Lac du Bonnet. Selon elle, les résidents n'ont pas été informés assez rapidement de la nécessité d’évacuer. Elle se demande donc si le système provincial d'alertes d'urgence aurait dû être déclenché. Mme Gould espère que cet incident servira de déclencheur pour repenser les moyens de communication utilisés en situation de crise afin que personne ne soit laissé pour compte lors d'urgences futures. Un panneau d'avis d'interdiction des feux était visible dans la municipalité rurale de Lac du Bonnet jeudi. Photo : La Presse canadienne / Steve Lambert Loren Schinkel, le préfet de Lac du Bonnet, affirme que la communauté a diffusé des alertes sur les réseaux sociaux, utilisé le système local d’alertes d’urgence – celui-là même dont Glennda Gould pensait recevoir un avis d'évacuation – et, dans certains cas, envoyé des équipes frapper aux portes pour transmettre les ordres d’évacuation. Il reconnaît toutefois que la propagation fulgurante de l’incendie à Lac du Bonnet a compliqué la tâche des services d’urgence, tout comme la faiblesse de la couverture cellulaire dans certaines zones de la municipalité. À la fin de tout ça, nous allons nous asseoir et mener une revue complète et approfondie de ce qui s’est passé ici. Si on peut faire mieux, alors bien sûr, nous sommes tout à fait ouverts à cela. Sue et Richard Nowell posent pour une photo avec leurs fils. Ce couple est décédé mardi après avoir été piégé dans une maison familiale de la municipalité rurale de Lac du Bonnet alors que l'incendie se propageait dans la région. Photo : GoFundMe / Kim de Laroque L’incendie de Lac du Bonnet – qui, vendredi après-midi, s’étendait sur plus de 4000 hectares – a malheureusement tourné au drame. Un couple aurait été piégé dans une résidence familiale de la municipalité et retrouvé sans vie mercredi matin. Loren Schinkel a précisé vendredi que l’incendie avait été contenu à l’intérieur des mêmes limites établies dès mardi, au moment où le feu avait été signalé pour la première fois. Les équipes d’intervention s’affairaient encore à maîtriser des points chauds pour éviter toute reprise du brasier. Dans le parc provincial de Nopiming, à deux heures de route, au nord-est de Winnipeg, plusieurs Manitobains ont été pris au piège des flammes, et n'ont eu la vie sauve que grâce aux équipes de la province. Par exemple, Éric Gauthier et Pascal Breton, des amis de longue date faisaient du camping dans le parc Nopiming, en compagnie de leurs fils, quand ils ont été sauvé par un hélicoptère. Ailleurs dans le parc, plusieurs chalets ont été réduits en cendre. Au moins 20 propriétés ont été brûlées à Beresford Lake. Dans cette région où de nombreuses familles francophones possèdent des chalets, plusieurs ont été forcés de constater les dégâts, à l'instar de la famille de Richard Loiselle. Les autorités travaillent actuellement pour maîtriser ce feu, ainsi que trois autres dans la province. Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a expliqué l'absence d'alerte d’urgence provinciale lors de l’incendie à Lac du Bonnet, précisant que cette option avait été envisagée mais écartée, car elle ne faisait pas partie du plan d'urgence de la Municipalité. Il a ajouté que même si l'idée d’utiliser une alerte a été discutée, la méthode initiale a été suivie en raison de la préparation locale. Shelley Napier, une consultante en gestion des urgences, soutient que les gouvernements municipaux sont bien placés pour gérer les situations locales et que les plans d’urgence sont rigoureux, régulièrement testés et mis à jour. Elle estime qu’il n’est pas souhaitable qu’un autre ordre de gouvernement vienne imposer des règles strictes. Elle ajoute que la clé consiste à revoir régulièrement les plans d'urgence et à se familiariser avec leur mise en œuvre lors d'exercices. Le préfet de Lac du Bonnet, Loren Schinkel, a indiqué qu’il serait ouvert à l'idée d'utiliser Michelle Potter, elle aussi évacuée de Lac du Bonnet, a souligné sa mauvaise préparation face à l’urgence, et sa fille Emily Potter a encouragé les résidents à élaborer des plans d'évacuation plus détaillés. Shelley Napier a conclu en rappelant qu' Le téléjournal Manitoba, avec Godlove Kamwa et Cédrick Noufele Photo : Radio-Canada Avec les informations de Caitlyn Gowriluk et de Maggie Wilcox Fuir sa résidence sans alerte
Je pense que c'est une occasion d'apprendre
, a-t-elle déclaré. Je crois qu'on dépend de beaucoup trop de choses comme Facebook et les courriels, et tout le monde n'y a pas accès… Je ne suis pas la seule à dire que je n’ai reçu aucun avis d’évacuation.

Nécessité d'une révision des procédures
Nous avons fait de notre mieux avec les outils dont nous disposions, mais nous savons qu’il y a des améliorations à apporter
, a-t-il indiqué, soulignant que ces embûches seront prises en compte dans la révision des procédures d’urgence.Est-ce une faute? Vous savez, je ne peux pas vous le dire
, a déclaré Loren Schinkel.
Des histoires de pertes et de survie
Le gros choc est venu quand on était dans l'hélicoptère et puis on a vu un mur de feu à peu près pour à peu près 100 km
, affirme Éric Gauthier.Il y a plein de souvenirs, puis c'est ça qu'on va garder et puis c'est c'est ça qui nous reste, puis on verra, on verra ce que la vie va nous réserver
, affirme M. Loiselle.Absence d'alerte d'urgence provinciale
Lorsqu’on parle de réponse à une urgence, on parle d’un plan qui a été préparé, testé et répété
, a-t-il déclaré.tout ce qui peut améliorer la communication
à l'avenir après avoir exprimé ses regrets à ceux qui estiment avoir été négligés.un plan d’urgence, ce ne sont que des mots sur du papier
, et que la préparation est essentielle pour assurer la sécurité des personnes.
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